Mois de l'histoire des Noirs économique

Le Mois de l’Histoire des Noirs, qui a lieu durant le mois de février, a été créé par Carter Woodson. L’objectif était d’éduquer le public sur la contribution des noirs dans l’histoire. Aujourd’hui, les célébrations du Mois de l’Histoire des Noirs servent de plus en plus à souligner l’accomplissement individuel de certaines personnalités. 

Certains de ces accomplissements n’ont pas forcément créé un avancement auprès de la communauté noire à Montréal d’un point de vue économique. Les Noirs du Canada ont contribué fortement à l’économie sans exiger une inclusion économique. Celle-ci consiste à augmenter l’accès au capital pour nos entrepreneurs pour le développement d’entreprises.  

Dans le cadre du Mois de l’Histoire des Noirs, visons l’inclusion économique de tous les Canadiens noirs en accédant nous-mêmes à la propriété et au capital d’investissement. Bâtissons ensemble le patrimoine des Canadiens noirs pour les générations à venir.  

 

 Financement entrepreneur haïtien : les sharks sont-ils mieux que les dragons 

Mois de l’histoire des noirs : Pensons à Greenwood

100 millions de dollars d’actifs ont été détruits lors du massacre de Greenwood, Tulsa. L’essor de Greenwood a commencé par la possession d’un terrain par Gurley, riche propriétaire foncier noir de l’Arkansas, pour le louer à des entrepreneurs noirs. En outre, cet acte de Gurley était la fondation d’une économie de 600 entreprises. Ainsi, un dollar y circulait pendant un an avant de quitter Tulsa. 

De nos jours, un dollar circule pendant 6 heures dans la communauté noire. En résumé, pour créer de la richesse dans notre communauté, il faut commencer par posséder des actifs commerciaux. 

Pour être libres économiquement, nous devons posséder une banque, un hôpital, une école et une épicerie. De nos jours, nous possédons peu de ces institutions. Certains ont tenté de construire une banque de la communauté haïtienne, mais sans succès. Rien que le fait de ne pas posséder une banque, contraint à l’acquisition d’espaces commerciaux pour activer une économie au sein de la communauté.

 

Generational wealth, that’s the key

My parents ain’t have sh*t, so that shift started with me” — Jay-Z, “Legacy”

Créons un héritage économique 

Nous devons créer des entreprises opérant sur plusieurs générations dans le temps en assurant une relève par les générations futures. La continuité d’exploitation est un postulat important pour une entreprise et son écosystème. Une des raisons qui explique pourquoi certaines entreprises de la communauté noire ferment est que les nouvelles générations fils des entrepreneurs méprisent cet héritage économique. 

Ce mépris détruit notre avancement économique. De ce fait, les entrepreneurs investissent plutôt dans l’éducation de leurs enfants. Ces derniers vont mettre leur expertise complètement au service d’un système ralentissant notre évolution économique. Par tous les moyens, nous devons commencer par devenir propriétaires de nos talents pour construire des relations d’affaires gagnantes pour la communauté

 

«Dans les écoles de gestion, les Noirs sont exclusivement formés à la psychologie et à l’économie de Wall Street et doivent donc mépriser les occasions de faire fonctionner des chariots à glace, de pousser des charrettes à bananes et de vendre des arachides à leur propre peuple. Les étrangers, qui n’ont pas étudié l’économie mais les nègres, se lancent dans cette activité et s’enrichissent ». Carter G. Woodson, La mal-éducation du nègre

 

 

History is a weapon : The Mis-education of Negro

 

Mois de l’histoire des noirs : Parlons de Little Haiti Miami 

Little Haiti a été construit par des immigrants haïtiens fuyant le régime de Duvalier dans les années 70. On retrouve à Little Haiti cette essence créole permettant de connaître la culture haïtienne en dehors d’Haïti. Dans cette région se trouvent des entreprises comme Bon Gout BBQ, Librairie Mapou créole & french et bien d’autres encore qui opèrent depuis plus de 25 ans. 

De nos jours, Little Haiti est devenu le quartier affecté par l’embourgeoisement. Le phénomène pousse les commerçants haïtiens vers la faillite par la rénovation des emplacements commerciaux et un loyer trois fois plus élevé comparativement au prix original. Ces nouveaux tarifs ne sont plus abordables pour ces commerces du quartier. De ce fait, cela paraît comme étant une stratégie pour faire de la place aux grandes chaînes de magasins.

 

Devenons propriétaires

Être propriétaire d’un emplacement commercial est une méthode fiable pour assurer la pérennité d’une activité. Être tout simplement locataire ne garantit pas une continuité d’exploitation à une adresse fixe. De plus, dans un contexte de quartier ayant un aspect culturel, les actifs devraient être possédés par les membres de cette communauté culturelle. 

En outre, un haïtien qui a grandi à Saint-Michel devrait avoir dans ses plans, la volonté de posséder un immeuble à Saint-Michel pendant qu’il y réside ou pas actuellement. Comme Jay-z l’a dit : C’est à nous d’embourgeoiser nos quartiers (ghettos), pas à d’autres communautés.

 

Gentrify your own hood before these people do it – Jay z